Accompagner une personne vivant avec la maladie d’Alzheimer (ou un trouble neuro-cognitif apparenté) demande bien plus que de la bonne volonté : cela exige des repères cliniques solides, des techniques de communication adaptées et une organisation du quotidien pensée pour sécuriser, apaiser et préserver l’autonomie restante.
Cette formation de 14 heures (2 jours) s’adresse aux professionnels intervenant auprès des personnes âgées en EHPAD ou en structures médico-sociales. Elle se déroule en groupe de 12 participants maximum, avec une possibilité de réalisation sur site ou en visio. Elle est évaluée 3,9/4 sur la base de 53 avis.
L’objectif : vous transmettre les connaissances essentielles pour comprendre la symptomatologie et les impacts des troubles neuro-cognitifs sur le comportement, la communication et l’adaptation du résident, tout en vous aidant à traduire ces connaissances en actions concrètes au quotidien (hygiène, repas, sommeil, prévention, relation d’aide, travail avec les familles).
Pourquoi se former à Alzheimer et aux troubles neuro-cognitifs change concrètement la prise en soin
Dans les établissements, les situations complexes ne viennent pas seulement des symptômes : elles naissent souvent de l’écart entre ce que le résident peut faire et ce qu’on lui demande de faire, entre ce qu’il comprend et ce que nous exprimons, ou encore entre son vécu et notre logique d’organisation.
En renforçant vos repères sur la maladie et ses manifestations, vous gagnez en aisance pour :
- Décoder les comportements (et éviter de les interpréter comme de la provocation ou de la mauvaise volonté).
- Ajuster votre communication pour réduire l’opposition, l’anxiété et l’agitation.
- Adapter l’environnement afin de soutenir l’orientation et de limiter les situations anxiogènes.
- Sécuriser les temps clés de la journée (toilette, repas, coucher, nuit, lever).
- Renforcer l’alliance avec les familles en parlant un langage commun, compréhensible et rassurant.
Le bénéfice est double : une expérience plus apaisée pour le résident et une charge émotionnelle mieux contenue pour les équipes, grâce à des outils pratiques et une lecture partagée des situations.
Ce que vous apprend la formation : connaissances essentielles et applications de terrain
1) Clarifier la notion de “troubles neuro-cognitifs”
La formation pose des bases claires sur la notion de déclin cognitif multiple et l’évolution des concepts (de “démence” vers les troubles neuro-cognitifs majeurs). Vous progressez sur les repères utiles pour comprendre :
- Les critères de diagnostic (à connaître pour situer le résident, sans se substituer aux médecins).
- Les principales pathologies conduisant à un trouble neuro-cognitif majeur, dont la maladie d’Alzheimer, la maladie à corps de Lewy, les atteintes fronto-temporales et la maladie cérébrovasculaire.
Ces repères sont précieux pour adapter votre posture : certains profils seront plus marqués par les troubles du langage, d’autres par les fluctuations, d’autres encore par la désinhibition ou l’impulsivité.
2) Comprendre la symptomatologie : mémoire, langage, gestes, reconnaissance
La formation propose une introduction structurée aux notions de cognition et de fonctions cognitives (traitement de l’information, mémoire, fonctions exécutives, langage, attention). Vous apprenez à relier les symptômes à des situations de vie quotidienne, ce qui facilite des ajustements immédiats dans votre accompagnement.
Les troubles de la mémoire : reconnaître les formes d’amnésie
Les différentes formes d’amnésie abordées (dont l’amnésie antérograde et l’amnésie rétrograde) permettent de mieux comprendre pourquoi une consigne peut être oubliée en quelques secondes, ou pourquoi certains souvenirs anciens restent très présents.
Le “plongeon rétrograde” : quoi faire quand la personne “revient dans le passé”
Situation fréquente en EHPAD : un résident demande à “retrouver sa mère” ou veut “aller chercher les enfants à l’école”. La formation vous donne des repères sur :
- Le principe et la définition du plongeon rétrograde.
- Ses manifestations les plus classiques.
- Des pistes pour savoir réagir et éviter d’augmenter l’angoisse (en privilégiant la compréhension du besoin sous-jacent).
Aphasie, apraxie, agnosie, anosognosie : des mots-clés qui éclairent le quotidien
La formation aide à distinguer des troubles souvent confondus :
- Aphasie: troubles du langage (comprendre, trouver les mots, produire des phrases). Impact direct sur les échanges et la coopération.
- Apraxie: troubles de l’organisation du geste (la personne ne “sait plus faire” une séquence motrice malgré des capacités motrices parfois conservées).
- Agnosie: troubles de la reconnaissance (objets, visages, lieux), pouvant expliquer des refus, des peurs ou des erreurs d’usage.
- Anosognosie: absence de conscience des troubles, influençant l’adhésion aux aides et aux soins.
Comprendre ces notions permet de faire évoluer vos consignes : davantage de guidage, moins de double tâche, plus de démonstration, des repères visuels, et une communication mieux ciblée.
Désorientation spatio-temporelle : mieux prévenir l’anxiété et les errances
La désorientation est abordée à travers ses manifestations et ses conséquences : erreurs de lieu, confusion sur le moment de la journée, inquiétude en fin de journée, difficultés à retrouver sa chambre. La formation relie ces éléments à des solutions d’environnement et d’organisation (repères, routines, éclairage, signalétique).
Réduire les troubles psycho-comportementaux en agissant sur la relation et le contexte
Les troubles psycho-comportementaux sont une réalité quotidienne en structure. L’approche pédagogique s’appuie sur une définition telle qu’elle est utilisée dans les recommandations de référence, et distingue notamment :
- Les troubles silencieux (souvent moins visibles, mais tout aussi lourds : retrait, apathie, tristesse, anxiété).
- Les troubles perturbateurs (agitation, agressivité, déambulation, comportements moteurs aberrants).
La formation aborde des familles de troubles fréquemment rencontrées :
- Troubles affectifs: dépression, euphorie, instabilité de l’humeur, apathie, anxiété.
- Troubles psychotiques: délires, hallucinations.
- Troubles du comportement: agitation, agressivité, désinhibition, déambulation.
- Troubles neurovégétatifs: sommeil, conduites alimentaires.
L’intérêt majeur pour les équipes : apprendre à relier un comportement à des facteurs déclenchants possibles (fatigue, douleur, incompréhension, stimulation excessive, rupture de routine, inquiétude, difficulté à se repérer) et à ajuster les réponses relationnelles.
Améliorer la communication avec une personne atteinte d’Alzheimer
La communication est au cœur de la qualité de vie et de la prévention des situations difficiles. La formation travaille :
- Les difficultés spécifiques de communication liées à la maladie.
- Des règles de communication à mettre en œuvre au quotidien (avec des repères concrets).
- Les erreurs à éviter qui augmentent le stress, la résistance ou la confusion.
- La communication avec les personnes qui “ne parlent plus”, en mobilisant d’autres canaux (non verbal, rythme, regard, gestes simples, environnement apaisant).
Résultat recherché : des interactions plus fluides, plus respectueuses du rythme du résident, et une meilleure coopération pendant les soins.
Adapter l’environnement : un levier immédiat et très rentable en établissement
Une grande partie de l’apaisement passe par ce que le résident perçoit et comprend de son lieu de vie. La formation présente des objectifs clairs d’adaptation de l’environnement :
- Rassurer (réduire l’insécurité, soutenir la familiarité).
- Stabiliser (limiter les changements inutiles, préserver des routines).
- Faciliter l’orientation spatio-temporelle (aider la personne à “savoir où elle est” et “à quel moment”).
Repères temporels : rendre le temps lisible
La formation insiste sur l’intérêt de repères simples et visibles, et sur le fait de les utiliser réellement dans l’accompagnement :
- Pendules adaptées.
- Calendriers, éphémérides.
- Programme d’une journée type (repères de routine).
Repères spatiaux : signalétique et cohérence des lieux
Des adaptations concrètes sont abordées :
- Indiquer clairement les espaces de vie, de façon visible.
- Associer écrit et pictogrammes.
- Favoriser l’éclairage des lieux cibles (espaces communs, WC, chambre) et limiter l’accès aux lieux à éviter (exemples : buanderie, salle du personnel).
Diminuer l’anxiété environnementale
Un environnement trop bruyant ou imprévisible augmente la confusion. La formation propose des repères pour :
- Limiter les bruits inutiles ou difficilement identifiables (télévision, radio, fond sonore permanent).
- Créer des espaces de déambulation stables et dégagés.
- Respecter l’appropriation des lieux par le résident (habitudes rassurantes comme s’asseoir toujours à la même place).
Réussir les actes de la vie quotidienne : hygiène, repas, coucher, nuit, lever
Les actes de la vie quotidienne sont des moments où se jouent la dignité, la sécurité, la coopération et l’apaisement. La formation propose une approche très opérationnelle, centrée sur l’organisation et l’ajustement des pratiques.
Hygiène et toilette : organisation, approche évaluative et coopération
Les participants retravaillent les points clés d’une organisation efficace des soins d’hygiène :
- Les objectifs des soins d’hygiène auprès des résidents présentant des troubles neuro-cognitifs.
- Les différentes formes de toilette.
- La notion de toilette évaluative (observer pour ajuster : autonomie réelle, compréhension, tolérance, déclencheurs d’opposition).
- Une démarche d’amélioration continue de l’aide à la toilette : essai, test, évaluation, amélioration, en équipe.
Incontinence : mieux structurer, mieux anticiper
La formation amène des repères sur l’organisation, notamment :
- Les types de protections.
- Les horaires et la fréquence d’élimination (pour anticiper et réduire les incidents).
Repas : ambiance, stimulation, rythme et lieu
Les repas sont un moment de soins, de plaisir et de socialisation. Les points abordés incluent :
- Le rôle des soignants dans l’organisation des repas et la gestion de l’ambiance.
- La place de la stimulation (aider sans faire à la place quand c’est possible).
- La durée des repas et son ajustement au rythme du résident.
- L’importance du lieu où sont pris les repas.
Sommeil, coucher et accompagnement de nuit
La formation aborde l’accompagnement du coucher et de la nuit avec des repères concrets :
- Horaires et adaptations selon les particularités du résident.
- Organisation pratique du moment du coucher.
- Éléments favorisant le sommeil.
- Compréhension de l’inversion du cycle nycthéméral et gestion des réveils et déambulations nocturnes.
- Articulation entre équipes de jour et de nuit pour une continuité cohérente.
Lever : construire un réveil agréable et sécurisant
Le lever est souvent sous-estimé, alors qu’il conditionne la journée. La formation propose :
- Des repères pour définir des horaires favorables au résident et à l’institution.
- Des points clés pour un réveil plus serein (prévisibilité, douceur, routine, repères).
Intégrer les familles : un partenariat qui sécurise tout le monde
Quand la maladie progresse, les familles vivent souvent une accumulation d’émotions : inquiétude, culpabilité, incompréhension, fatigue. La formation vise à favoriser leur intégration dans la prise en charge, car une famille mieux associée contribue à :
- Renforcer la cohérence des repères autour du résident (habitudes, goûts, histoire de vie).
- Apaiser les tensions et malentendus, grâce à une meilleure compréhension des symptômes.
- Soutenir l’alliance thérapeutique et la confiance envers l’équipe.
L’enjeu : construire un langage commun, centré sur les besoins, les capacités restantes et les adaptations utiles, plutôt que sur la seule liste des difficultés.
Une pédagogie active pour transformer la théorie en réflexes de terrain
Pour ancrer durablement les apprentissages, la formation combine plusieurs méthodes pédagogiques complémentaires :
- Apports théoriques et méthodologiques pour poser des bases solides.
- Études de cas apportées par l’intervenant et/ou les participants, afin de partir du réel.
- Analyses de pratiques et questionnements collectifs, pour faire évoluer les réponses d’équipe.
- Visionnage du film « Évadés du réel » (de Pierre Schumarer), suivi d’échanges.
- Jeux de rôle et mises en situation, pour travailler le verbal, le non verbal et les postures relationnelles.
- Évaluation initiale (attentes et connaissances) et évaluation finale (qualité et acquis), pour mesurer la progression.
Le film “Évadés du réel” : une immersion qui donne du sens
Le film illustre une démarche de prise en soin via :
- Une immersion en établissements accueillant des personnes malades d’Alzheimer.
- Des analyses de professionnels (psychologues, aides médico-psychologiques, aides-soignants, cadres de santé, gériatres).
- Des témoignages de familles confrontées à la maladie d’un parent âgé.
Ce support facilite une prise de recul : il relie les notions cliniques au vécu des résidents, des proches et des équipes.
Exemples de mises en situation travaillées : gagner en confort relationnel
Les jeux de rôle permettent de s’entraîner dans un cadre sécurisant, puis de transposer des ajustements simples sur le terrain. Parmi les situations abordées :
- Se présenter à un résident: améliorer les éléments verbaux et non verbaux (clarté, rythme, distance, regard, tonalité).
- Inviter un résident à la toilette: faciliter l’adhésion, réduire l’opposition, structurer la séquence.
- Réagir face à une insulte: identifier les attitudes à favoriser, éviter l’escalade, garder une posture professionnelle.
- Communiquer avec un résident qui ne parle plus: mobiliser d’autres canaux et maintenir la relation.
Ce travail est particulièrement bénéfique pour harmoniser les pratiques d’équipe : quand tout le monde partage des repères, les résidents retrouvent de la stabilité et les professionnels gagnent en sérénité.
En bref : ce que cette formation vous aide à réussir en 2 jours
| Objectif opérationnel | Ce que vous développez | Bénéfice attendu en établissement |
|---|---|---|
| Comprendre la symptomatologie | Repères sur mémoire, aphasie, apraxie, agnosie, anosognosie, désorientation | Décodage plus juste des situations et réponses mieux ajustées |
| Mieux communiquer | Règles de communication, posture relationnelle, communication quand la parole diminue | Moins d’opposition, plus de coopération pendant les soins |
| Adapter l’environnement | Repères temporels et spatiaux, éclairage, réduction des sources d’anxiété, espaces de déambulation | Apaisement, meilleure orientation, prévention des situations à risque |
| Optimiser les actes du quotidien | Organisation hygiène, incontinence, repas, coucher, nuit, lever | Routines plus fluides, qualité de vie renforcée, continuité jour/nuit |
| Associer les familles | Repères pour une intégration constructive des proches | Alliance renforcée et cohérence autour du résident |
À qui s’adresse cette formation et comment se déroule-t-elle ?
Cette formation s’adresse à l’ensemble des professionnels (soignants et non soignants) intervenant directement ou indirectement auprès de personnes âgées présentant une maladie d’Alzheimer ou des troubles neuro-cognitifs apparentés, y compris lorsque les connaissances initiales sont limitées.
- Durée : 14 h (2 jours)
- Groupe : 12 participants maximum
- Modalités : sur site ou en visio
- Évaluations : initiale (attentes et connaissances) et finale (qualité et acquis)
- Satisfaction : note 3,9/4 sur 53 avis
Pour plus d’informations et modalités d’inscription : ideage-formation.com
Ce que vous pouvez attendre comme résultats visibles après la formation
En revenant sur le terrain, les bénéfices les plus fréquemment observables sont :
- Des équipes plus alignées sur une lecture commune des comportements.
- Une communication plus simple et plus efficace, donc moins énergivore.
- Des soins d’hygiène et des temps de repas mieux structurés, avec un climat plus apaisé.
- Une attention accrue à l’environnement (repères, éclairage, bruit) avec des ajustements souvent faciles à mettre en place.
- Des échanges avec les familles plus constructifs, basés sur la compréhension des troubles et des besoins.
En 2 jours, l’objectif est de vous donner des connaissances solides et des outils immédiatement transférables, pour accompagner les résidents avec davantage de compréhension, de cohérence et d’efficacité au quotidien.